vendredi 19 décembre 2014

Guide de prescription des BZD





Le choix d’une benzodiazépine (BZD) est compliqué du fait de la multiplicité des molécules, de la multiplicité des indications, et des classifications parfois complexes. Notion importante, TOUTES les molécules de cette classe ont des effets anxiolytiques, hypnotique, anticonvulsivants, myorelaxant et amnésiant. La distinction entre molécules pour lesquelles certains effets prédominent est très relative, voir fausse. Pour compliquer le choix, certaines molécules ne sont pas des BZD mais en partagent suffisamment les propriétés pour y être assimilées. C’est un piège car ses molécules ont leur propres effets secondaires, et leur utilisation comme BZD est source de iatrogénie fréquente.

Ce tableau vous donne des informations de pharmacocinétique source : dictionnaire Vidal 2014), Il devrait vous aider dans vos choix.

mercredi 17 décembre 2014

L’épilepsie II - Prise en charge d’une première crise d’épilepsie de l’adulte RECOS HAS/SFN 2015

Contre toute attente, la société française de neuro, dont la plupart des neuros ont oublié l’existence tant son activité se limite à organiser des visites de groupes de l’amphithéâtre Charcot de la Salpetrière, va publier en 2015, sous le contrôle de l’HAS, des recommandations sur la prise en charge d’une première crise de l’épilepsie de l’adulte. Je vous laisse le soin de lire la version longue de 300 et quelque page, ainsi que la version courte de 21 pages, et vous propose les points qui me paraissent essentiels (les citations sont en rouge pour vous faciliter la lecture).



mardi 25 novembre 2014

La neuro du Rocky Horror Picture Show






Certains PowerPoint commencent par un enchaînement de circonstances improbables. Il y a quelque temps on m’a demandé de faire un topo (que finalement je n’ai jamais fait faute de temps), sur les stéréotypes de pathologies neurologiques ou psychiatriques à travers des personnages de fiction. L’idée était que pour mémoriser les syndromes, il était plus facile d’avoir une image, même caricaturale, qu’un discours ; un moyen mnémotechnique visuel en quelque sorte.

De façon totalement indépendante, je suis un patient qui est parkinsonien et qui a un fils épileptique. Les deux sont pleins d’humour, vont très bien avec leur traitement, et en ont ras le bol d’être regardés avec compassion par leur entourage. Ils m’ont demandé s’il existait un livre où un film, dont les héros, tout en étant malades, pouvaient avoir à la fois un rôle positif et humoristique. Pour tout vous dire, je n’en connais pas.

Troisième élément de ce concours de circonstances, en discutant un jour du Rocky Horror Picture Show (RHPS), film dont je suis fan et qui est quelque chose de si improbable qu’il est difficile de le résumer, un pote m’a demandé de quoi les personnages entaient atteints, et qu’est-ce que je ferais si je les voyais en consultation.

Bon, vous l’avez compris, avec tout ça j’ai décidé d’essayer de faire une analyse neurologique du film et de partir du principe que tout ce que les personnages disent ou font est une anamnèse qui permet d’isoler des syndromes, voir des pathologies, et de proposer un traitement.

Avant d’attaquer, quelques infos pour ceux qui ne connaissent pas le film. Tout d’abord sachez que vous n’avez aucune excuse. Sachez ensuite qu’il s’agit d’une comédie musicale de 1973, adaptée en film en 1975, qui raconte les aventures de Brad et Janet, qui après s’être fiancés, veulent rejoindre le professeur de science qui leur a permis de se rencontrer. En route ils se perdent et frappent à la porte d’un manoir. Des personnages louchent leur ouvrent la porte et les font rentrer juste à temps pour participer à une danse qui ne ressemble à rien, avant qu’ils ne rencontrent le maître des lieux : Frank n Furter. Celui-ci, qui est un travesti transsexuel de Transylvanie, les invite fermement à rester. Ils découvrent que Frank est en train de créer de toute pièce une créature, Rocky, homme parfaitement bodybuildé et plein de libido, que Frank compte se taper. Accessoirement, Frank se tape également Janet et Brad. Devant ce style de vie extrême, un des membres du personnel de Franck le destitue de son poste de chef des… extra-terrestre, et tout ce petit monde se téléporte en Transylvanie, laissant Brad et Janet seuls.

Vous n’avez rien compris ? C’est normal, il faut voir le film, et surtout écouter les chansons, qui sont toutes complétements WTF. Sachez également que le film est diffusé sans interruption depuis 39 ans à Paris, que Frank était interprété par Tim Curry et que Janet par Susan Sarandon (on est très, mais alors très très loin de Thelma et Louise).

Enfin pour ceux que toutes ses infos laissent de marbre, vous serez surpris d’apprendre que le film a été sélectionné par la Bibliothèque du Congrès (US) pour être sauvegardé en raison de son importance culturelle, historique et esthétique, ce qui le place dans la même liste qu’Autant en emporte le vent, Le Parrain, ou Bambi (ce qui quelque part correspond assez bien au film).


Bon, si vous êtes prêt, on attaque en suivant la chronologie des chansons du Film.

dimanche 23 novembre 2014

Et si c’était une maladie ?

Le billet du jour est la transcription d’un PowerPoint que j’avais fait dans un esprit différent. Le sujet initial était compliqué : quelles conséquences de la méconnaissance des syndromes neurologiques rares (je vous donne la réponse immédiatement, aucunes, puisque ça se soigne encore moins que le reste…). Vous imaginez bien qu’une question aussi tordue n’a pu germer que dans l’esprit malade d’un interniste, mais, et ça là que ça devient un peu plus intéressant, il existe un certain nombre de situations cliniques où vous pouvez voir des patients en consultation avec à l’évidence un truc qui ne va pas, sans pouvoir le nommer, et sans que les surspécialistes les plus chevronnées ne vous aident. En voici une petite sélection :



mercredi 12 novembre 2014

Et si nous discutions de la mémoire comme des piliers de bar ?



Aujourd’hui, je vous propose un truc nouveau : un article sans aucune référence scientifique. Rien, même pas un petit « 1 » sournoisement caché entre deux parenthèses protectrices. Un article sur un sujet qui fait débat et qui, lorsqu'on tape son titre dans pubmed sans filtre, donne 10535 références, dont 980 pour la seule année 2014 (chiffres valable au 12/11/2014). Bref un article sur les mécanismes de la mémoire.

Alors, me direz-vous virtuellement, à part me faire plaisir à moi-même, quel intérêt d’écrire si tout est contestable car non étayé ? En fait, le problème se pose différemment. Personne ne sait en 2014 comment marche la mémoire. On a des modèles plus ou moins imagés, des théories plus ou moins prouvées par des test neurospycho dont les normes sont en général établies sur des jeunes blancs éduqués, et de culture anglo saxonne de la côte est des Etats-Unis (les élèves de neuropsycho US), et quelques images avec des jolies couleurs en IRM fonctionnelle.

Donc à un moment t, comme au hasard, le jour de la rédaction de cet article, je pourrais vous sortir un nombre considérable de références se contre disant les unes les autres, sans pour autant vous informer.

Je vous propose plutôt une synthèse, qui est la mienne, qui est simplifiée, et qui a comme seul mérite de vous donner quelques exemples de la vie quotidienne ou issus d’histoire de chasse, mais qui permettent de fixer les choses… en attendant la nouvelle théorie à la mode.

jeudi 23 octobre 2014

Les voies auditives II - mère nature n'aime pas les belles-mères


Après l’entracte, nos deux acteurs reviennent sur scène. Si le premier acte s’était focalisé sur les modalités d’identification et d’analyse spatiale des sons par le tronc, le deuxième acte devrait se focaliser sur des structures plus hautes. Ceux qui parmi vous aiment le théâtre classique vont par conséquent être déçus, il n’y a ni unité de lieu, ni unité de temps, mais que voulez-vous, quand mère nature a créé l’anatomie humaine, elle était sous LSD. 

Le brouhaha du public diminue à nouveau, le bronchitique chronique du premier rang,en attente de greffe, semble avoir fini de s’entrainer pour sa prochaine EFR, les lumières se tamisent et le spectacle peut reprendre.

mercredi 22 octobre 2014

Les voies auditives I




Aujourd’hui, Maryse et Pierre vont nous parler du son, de la musique, de cerveau auditif, de choses qui en général dépassent totalement les neurologues, que ce soit ceux de l’école de Maryse, parce que la musique ça donne des maux de tête, ou ceux de l’école de Pierre, parce qu’il n’y a rien à thrombolyser. Pour cette discussion à bâtons rompus (à force de se taper dessus avec), Maryse et Pierre vont partir d’un livre intitulé modestement « Neruoscience », rédigé par Purves and co, publié chez sinauer, et plus particulièrement du chapitre 13, page 313-342, intitulé « The Auditory System ».

Comme d’hab, la lumière baisse doucement, le brouhaha de la salle s’étiole sur une dernière quinte de toux (je pense qu’il existe une loi interdisant la tenue d’un spectacle sans la présence d’un bronchitique chronique dans la salle), le rideau se lève sur une scène dépouillée, un projecteur froid illumine Maryse dans sa tenue blanche excessivement amidonnée tandis qu’une lumière orangée indirecte éclaire Pierre assis en tailleur, un sandwich du relais H pouvant contenir des traces de pain à la main.


dimanche 19 octobre 2014

IRM II - T1 et T2 : des culbutos et de comment montrer à votre chef que lui aussi dit n'importe quoi.

Si vous avez lu le premier chapitre sur l’IRM, vous avez dû être déçu de ne pas voir apparaître les mots résonnance, relaxation et toutes ces choses que de toute façon vous n’avez jamais réellement compris. Rassurez-vous, il n’y a aucune honte, et ce d’autant moins que même ceux qui croient comprendre se trompent ! Je m’explique : lorsque les physiciens décrivent ce qui se passe au niveau des atomes, ils constatent des choses qui sont totalement contre intuitives. Par exemple, le photon, qui nous a été décrit comme une « petite boule de lumière » à l’école, n’a pas de dimension, n’est pas rond, n’est pas lumineux, et, pour être complet, n’est pas réellement « un » au sens où nous l’entendons, parce qu’il peut passer par deux endroits à la fois. Et un photon, est un des trucs les plus simples. Alors un atome, un neutron, un proton ou un électron, n’essayez même pas, ce sont des choses inconcevables autrement que sous forme d’abstractions mathématiques. Et pourtant, dans la vie de tous les jours, on voit la lumière, on touche des choses et on a mal si on touche des fils électriques. Alors comme nous ne sommes pas tous des docteurs en physique, les physiciens, pour tenter de communiquer avec nous, ont simplifié les choses, avec des mots qui parlent à tout le monde. Sauf que les physiciens ne sont pas comme tout le monde, et les mots qu’ils utilisent ne signifient pas la même chose pour eux et pour nous.

Résumons-nous : les physiciens voient des choses inconcevables autrement que sous forme d’équations mathématiques abstraites, ils essaient de nous les décrire avec des mots, et ces mots sont utilisés dans un sens qui est diffèrent du sens usuel. En bref, il n’y a pas de honte à utiliser des images qui n’ont rien avoir avec la réalité, les physiciens font pareil.

Commençons par le plus simple, les fameuses images en T1 et T2






mercredi 15 octobre 2014

IRM I - des bananes et des picards (ou principes fondamentaux de l'IRM)

Nous sommes dans la tête d’un médecin normal. Un peu partout sur le bureau virtuel de sa session mentale s’empilent des dossiers, des sous dossiers, des sous sous dossiers, avec des raccourcis vers des documents, des schémas, des protocoles, des bonnes adresses de confrères, des post-it de toutes les couleurs avec le mot « urgent » écrit en gros, lui-même à moitié caché par un autre encore plus urgent… bref, c’est un chaos total duquel émerge miraculeusement une activité organisée ! C’est la magie des fractales.

Et comme le médecin normal a une pensée qui tourne sous un système d’exploitation ancien, mais robuste, il dispose d’autres bureaux virtuels. Il y a le bureau famille avec en fond d’écran les enfants (ou le chien), le bureau potes avec une photo de dégustation de bières etc… Et puis il y a un autre bureau… loin dans les raccourcis. Il ne porte aucune photo, aucun signe distinctif. Il est gris. Dessus, en plein milieu, plusieurs dossiers, bien alignés, portent des abréviations ésotériques. C’est le bureau virtuel des connaissances traumatisantes. Le médecin normal n’y va jamais, c’est une épreuve trop difficile. Sur la dernière ligne de dossiers, un seul n’a pas de nom. Dedans se terre l’équivalent d’un croc humide et glacial d’Alien dans le cou de la raison, quelque chose de si effrayant, que sa simple lecture peut provoquer un reboot instantané de la session mentale de notre médecin (une crise d’épilepsie pour le dire plus simplement). Cette information infernale, cette horreur sans nom, c’est le mode de fonctionnement des IRM [……………..][bienvenue][veuillez patienter][ouverture de session en cours], me revoilà, désolé, j’avais oublié de me protéger et j’ai planté.

Il est temps d’affronter nos peurs, je vous propose donc de voir ce que l’IRM peut apporter en neuro, et pour cela voir un peu comment ça marche, à l’aide d’explications si simplifiées qu’elles en deviennent fausses, mais comme nous ne sommes pas physiciens, ça n’a aucune importance ; l’important c’est de comprendre ce que vous voyez et lisez quand le radiologique vous parle de T1 T2 diff, flair, T2, écho de gradient, ADC, inversion, récupération, youpala et parmesan.

Dans l’ordre, reprenons un peu le « comment ça marche une IRM » puis les séquences de bases puis pour la forme un peu d’ésotérisme avec des trucs que seuls les radiologues comprennent (et encore…)


lundi 6 octobre 2014

Quand ce n'est pas la faute du coupable





L’histoire ci-dessous s’est passée dans un hôpital ultra périphérique (UP). Si je la raconte c’est qu’ils ont eu le courage d’en faire une réunion de morbi-mortalité (RMM) et d’en discuter. Elle aurait pu se produire chez nous ou dans un très gros CHU, mais là en général tout le monde s’en tape dans la mesure où comme vous le verrez il n’y a ni mort d’homme, ni perte pour l’hôpital (bien au contraire).

jeudi 25 septembre 2014

Les AVC : CAT hors UNV (ou comment ne pas se laisser impressionner par la mythologie neurovasc)


Quand j'étais externe, je ne posais pas de questions sur le pourquoi des choses. D'abord parce que j'avais passé l'âge des pourquoi, et d'autre part, parce qu'en médecine on apprend rapidement que ça ne sert à rien : « Pourquoi y'a-t-il sept vertèbres cervicales ? ». La réponse était limpide : « Parce que ! ». 
Une fois interne, je me suis dit que j'allais enfin comprendre des trucs : « Pourquoi je ne dois pas mettre de glucosé à la phase aiguë d'un AVC ? ». La réponse était efficace : parce que ça les tue !».
Une fois assistant, j'avais des internes qui me posaient des questions débiles du genre : « Il se passe quoi si je mets de KARDEGIC 75 à la place du 160 ? ». Ce à quoi la réponse évidente était « parce ce qu'ils vont exploser dans d'atroces souffrances en maculant les murs de sang ce qui va nous exposer à des représailles sanglantes de la part des ASH alors ferme-là et met du 160 ».
Maintenant qui suis PH, je suis nettement moins exposé aux risques de représailles de la part des ASH, ce qui me permet de me reposer des questions ! Et là, ça devient marrant.

Voici donc un billet pour vous montrer que certaines choses qu'on vous assène comme les dix commandements du haut d'une montagne avec des éclairs à l'arrière-plan et une tempête majeure sous une lumière blafarde et rougissante (oui, les deux) de fin du monde, sont parfois très relative...


mercredi 3 septembre 2014

OSS Pique et Touche

Un des intérêts de conserver de vieilles revues, est de comparer l’évolution des sciences et des usages à travers le temps. Cette phrases étant un tantinet généraliste, je vais être plus concret : lire une revue de neuro publiée il y a exactement 50 ans permet non seulement de voir comment la science a évolué (ou pas), mais également de voir comment les esprits ont évolué (vous n’allez pas être déçus). 


lundi 25 août 2014

douleurs neuropathiques

Cards for sorrow, cards for pain 




Vous l’avez exigé, voici le retour de Pierre et Maryse dans une nouvelle lecture critique d’article (Allodynia and hyperalgesia in neuropahtic pain : clinical manofestations and mechanisms – Lancet neurology 2014 ;13 :924-35).

Pour ceux qui découvrent, le principe et de faire une lecture critique, pas de faire un topo où un revoir une prise en charge spécifique. En gros ça permet de voir où en sont les dernières avancés sur un sujet particulier.

Maryse, dans une blouse blanche, amidonnée et raide comme du marbre s'avance d'un pas vif, éparpillant les zillions d'externes, internes, assistants, souhaitant le toucher ou simplement avoir une mèche de ses cheveux cendrés. Pierre se dandine d'un pied sur l'autre en explorant les poches de sa blouse (camaïeu psychédélique de teintes grisâtres). Aujourd'hui aucun des deux n'est enthousiaste, le sujet du jour les barbant allègrement.


mardi 19 août 2014

CAT RAPIDE - Paralysies faciales périphériques

Ceci est un essai : une conduite à tenir rapide devant des problèmes de neuri courant qui vous donnent la théorie et la pratique argumentée. Ça n'a pas été facile de décider quelle était le niveau de détail nécessaire ni la forme la plus adaptée (texte, tableau, graphique... ) - je vous laisse lire et comenter pour améliorer le concept.


dimanche 17 août 2014

système nerveux autonome III - des larmes et du wasabi





Après avoir fait la connaissance du syndrome de Claude Bernard Horner, et son anatomie, que certains ont décrite comme, je cite : « quand même très bordelique », il est temps de vous avouer que c’était un des modèles les plus simples. Celui de ce billet et un poil plus complexe, et là, vous avez le droit de penser que la nature a construit tout ça un peu au pif un matin où elle n’avait pas fini de dégriser. Chose étonnante, un des systèmes le plus compliqués est celui qui  au fil de l’évolution nous apparaît à nous humains comme relativement accessoire. En fait c’est faux, mais comme il tombe rarement en panne, nous ne nous apercevons plus de son rôle essentiel au quotidien. Ce système n’a pas de nom propre, probablement  parce qu’aucun neurologue du XIX éme n’a voulu se lancer dans une description exhaustive, qui en 2014 est toujours incomplète et approximative ! Ça peut paraitre étonnant, mais en 2014, l’anatomie du système nerveux autonome péri nasal est encore floue, ou, comme le disent les anatomistes sur un ton gêné en regardant au loin l’horizon, sujette à une grande variabilité inter individuelle. 




lundi 11 août 2014

Cas clinique invité 01 - boulanger versus médecine



Une grande première pour moi, un pote MG se propose de VOUS proposer son cas clinique. Rien ne change sur le fond, un dossier brut, sans omissions ni rajout, et sans reponses idéales aux questions. 

PS : PLUS QUE VOS REPONSES, ENCOURAGEZ-LE SI LE CAS VOUS PLAÎT, JE VOUDRAIS BIEN QU'IL RECIDIVE ;-)

mercredi 6 août 2014

cas clinique 082013 - tous les chemins mènent nulle part




Voici le mois d'août, ses pluies, ses nuages, ses soirées au coin du feu avec une fondue et du rhum arrangé à la vanille et aux feuilles de fahm en dessert, sans oublier le cas clinique qui va bien.

Celui-ci est plus hospitalier que d'habitude. Le principe reste le même, vous avez toutes les infos du dossier telles que décrites, sans modifications de ma part en dehors du diagnostic final.

jeudi 31 juillet 2014

système nerveux autonome II - le syndrome de Claude Bernard Horner




Après un premier billet sur le fonctionnement général du système nerveux autonome, la logique voudrait que je vous parle de son organisation anatomique, puis de sa physiopathologie, des examens complémentaires permettant de l'explorer, et enfin des traitements et autres molécules pouvant le perturber ou le réguler.

Cependant comme je suis neurologue, la logique qui je suis est différente (notez bien qu'un neuro ne dit jamais qu'il a tort, il dit que son raisonnement est différent). Le but n'est pas de rendre encore plus complexe un sujet qui n'a pas besoin de ça pour l'être, mais plutôt d'y aller tout doux, avec des exemples clairs (ne rêvez pas, clair s'entend au sens neurologique du terme).

Donc plutôt que de vous infliger l'ANATÔMIEUH du système nerveux autonome en général, je vous propose de commencer par quelque chose de plus simple : le syndrome de Claude Bernard Horner. Pour 99% d'entre vous, c'est la principale manifestation de dysautonomie dont vous faites le diagnostique quasi instantanément.

Le problème est nous avons tous appris à la fac que ce syndrome traduit une dissection carotidienne, alors que pas de bol, même si c'est une des étiologie possibles, les ORL, les Pneumologues et bien évidemment les Neurologues ont tout plein d'autres idées à vous proposer.

Alors pour commencer à découvrir l'anatomie du système nerveux autonome ET pour comprendre le syndrome de Claude Bernard et Horner, et (oui, je sais ça fait trois et, mais je fais ce que je veux) pour pouvoir frimer en société avec une syndrome SECRET (gros teasing), voici comment ça marche ! Et avec un dessin en prime !




mercredi 23 juillet 2014

système nerveux autonome I - of men and jellyfish

i'm gonna give you some terrible thrills


Pulpita se sent bien. Son grand chapeau ondule, un petit courant la chatouille et elle étend ses membres avant de les laisser balloter dans l'eau tiède. Pulpita a deux passions dans la vie. Au sens strict du terme. Deux. On pourrait résumer la première par ce néologisme poétique et évocateur « TOIJVAISTBOUFFER » et la deuxième par un néologisme tout aussi enchanteur « zzzzzzBurp ».

Vous trouvez ça médiocre ? Réducteur ? Méprisant ? Egocentrique de son point de vue ? Vous avez plus que raison mais vous ne savez pas encore pourquoi ! Vous avez raison à un détail près : dans le cas particulier Pulpita, egocentrique est un terme inadapté. Pulpita n'a pas plus d'ego que de cogito, ce qui selon Descartes implique que Pulpita ne sum pas très fort.

En fait dans le cas de Pulpita on devrait remplacer egocentrique par medusocentrique, car voilà, Pulpita est une cnidaire (vous n'oublierez pas de me remercier pour ce mot lors d votre prochaine conversation au bar du coin avec Jeannot pendant que vous vous acharnerez sur la coque d'un pistache... et puisqu'on en est là, sachez que la pistache est une sorte de Drupe, comme la prune, l'abricot et la pêche).

Pour ceux qui ont réussi à suivre cette introduction jusqu'ici, et qui se demandent pourquoi je vous parle de méduses et de pistaches dans un blog de neurologie, c'est parce que ce billet est le premier d'une série sur un sujet un peu tabou. Quelque chose que même les neurologues les plus blasés et cyniques fuient en poussant des petits cris de chien à qui l'on aurait écrasé la queue, quelque chose d'encore plus méprisé que les basses castes en indes ou l'intégrale musical live des génériques de Derrick : LE SYSTEME NERVEUX AUTONOME.



vendredi 18 juillet 2014

cas clinique 072013 - j'aime pas me faire suivre

So quake with fear, you tiny fools !



Et voici le cas de juillet, un cas confidentiel puisque tout les joueurs habituels sont en vacances, en vacances, ou en VACANCES. Pour les punis du fond de la salle qui sont encore là, je vous rappelle que tout le monde peut jouer et qu'il n'y a que des propositions de réponses mais pas de solutions unique.


Madame X, 27 ans, ne vas pas bien depuis deux ans et consulte aux urgences. L'externe qui a rédigé l'observation d'entrée a tenté de résumer les choses de la façon suivante, sachant que dans la réalité madame X est logorrhéique et que le fil de ses déclarations est difficile à suivre. :

mercredi 18 juin 2014

c'est quand qu'on est malade - une brève histoire de critères SEP

It's something we ourselves have been working on for quite some time.




La nature est nulle. Malgré ses millions d'années, elle est totalement incapable de comprendre la médecine. Le résultat est totalement navrant : chaque année l'humanité forme des milliers de médecins qui se donnent la peine d'apprendre un somme considérable de savoirs, tout ça pour que la nature persiste à faire des malades qui sont pas comme dans les bouquins.

Non seulement, elle est nulle, mais elle est incapable de comprendre des choses aussi élémentaires qu'un "début", "une fin", voire même des notions aussi stupides que « oui » et « non ». Bref, la nature a un QI de méduse. Les choses ne seraient pas si graves (après tout les méduses sont très heureuses dans leur ignorance crasse), si la stupidité de mère Nature n'avait pas de conséquences sur des gens bien réels.

Avant d'aller plus loin et de vous démontrer à quel point la nature nous embête, je vous précise que l'exemple que j'ai choisi concerne la sclérose en plaques. Si vous avez la curiosité de voir la page de ce blog accessible via l'onglet [ ?] vous verrez que j'ai des liens d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique sur ce sujet, ce qui peut m'avoir insidieusement influencé
.

jeudi 12 juin 2014

Les signes précoces de démence

madness takes it's toll




Le cas clinique de juin 2014 http://etunpeudeneurologie.blogspot.fr/2014/06/cas-clinique-062013-tout-jeune-il-etait.html cause des signes précoce de démence. Et comme c'est un sujet un peu vaste, j'en ai ait un billet ci dessous pour vous résumer les choses.

mardi 10 juin 2014

cas clinique 062013 - tout jeune il était déja vieux

it all seem all right



Voila le cas clinique de juin. Comme d'hab un histoire réelle avec un dossier parfois incomplet. Toujours comme d'hab, l'idée n'est pas de critiquer pour critiquer mais de voir si il aurait été possible de faire différemment. 

mercredi 4 juin 2014

bingo des hôpitaux

Let me show you around, may be play you a...



Le codage CIM10 est le nerf de la guerre - pour ceux qui ne conaissent pas, il y a un article fabuleux la dessus ici : http://2garcons1fille.wordpress.com/2014/02/26/t2amours-mon-pays-et-paris/


Au fil des discussions sur twitter, ce sujet est souvent revenu avec des demandes d'exemples. Plutôt que de vous sortir des chiffres bruts j'ai fait quelque chose de plus ludique (un truc de dingue, vous allez convulser de rire).
Je vous propose donc un tout petit jeu : relier les cas cliniques 1 à 7 à la somme qui sera perçue par l'hôpital (A à G)

L'idée est identique à celle de l'article extraordinairement bien écrit par un génie littéraire que les grands éditeurs s'arrachent et que vous trouverez en suivant le lien précédent : montrer que si les hôpitaux devaient avoir l'attitude rationnelle que monsieur tout le monde désire de toutes ses tripes pour faire des économies, monsieur tout le monde serait mort.

vendredi 23 mai 2014

il ne dort pas : le sommeil des déments

Creature of the night




Une des phrases les plus fréquentes qu'on entend à l'hôpital après, « je suis constipé » et, « c'est quand qu'il passe le médecin [notez l'absence de point d'interrogation] », alors que vous êtes dans la pièce, est « je/il ne dors/t pas ».

Et plus les gens ont des troubles cognitifs, plus cette phrase monte dans le top 3 des remarques, pour finir par occuper la première place chez les déments. Notes bien que contrairement à tout autre phénomène biologique, physique, chimique ou métaphysique, cette phrase n'est pas sensible à l'épuisement. Ni celle des patients, ni celle des équipes soignantes, ni celle des familles.

Ça donne des discussions formidablement passionnantes du genre :
- MED (curieux) : comment allez-vous madame Michu ?
- Mme Michu (l'œil torve) : je ne dors pas !
- IDE (neutre) : c'est vrai qu'elle ne dort pas !
- MED (optimiste) : oui, mais votre hémiplégie, elle a complétement régressé non ?
- Mme Michu (la mandibule prognathe) : m'fout, je dors pas !
- IDE (neutre) : c'est vrai qu'elle ne dort pas !
- MED (positif) : nan, mais d'accord, mais sinon, vous êtes contente de remarcher, de revoir votre chien et vos enfants ?
- Mme Michu (bougonne) : j'aurai préféré crever, je vous dis que je dors pas !
- IDE (neutre) : c'est vrai qu'elle ne dort pas !
- MED (neutrement bienveillant) : en tout cas votre famille est contente de vous revoir !
- Mme Michu (definitve) : c'est des cons, et comme je dors pas je les vois encore plus
- IDE (neutre) : c'est vrai qu'elle ne dort pas !
- Famille (qui rentre) : docteur, faut qu'on vous dise parce qu'elle est timide et ne dit pas tout, mais elle ne dort pas !
- IDE (neutre) : c'est vrai qu'elle ne dort pas !
- ....

Nous pouvons laisser mon audacieux collègue, son IDE enthousiaste, leur sympathique patiente et la joyeuse famille quelques instants pour tenter de voir ce que donne le sommeil chez les déments.

vendredi 16 mai 2014

chroniques internes - 2 - comment faire avec les labos

I'll put up no résistance i want to stay the distance i need assistance




Suite aux premières réactions sur Twitter, un complément sur les labos quand vous êtes internes. C'est un sujet qui est sensible, car il est entouré d'un nuage assez épais de non-dits. Peu importe ce que je peux penser ou non des relations médecins/labos, de toute façon je ne pense pas que vous trouviez une seule source officiellement pro bigpharma, alors que vous en trouverez de très bien écrite pour dénoncer ces liens. Celle que je vous conseille est celle du Docteur Dupagne sur son site atoute.org.

Mais revenons à notre sujet, les labos et les internes. En étant interne, vous aurez le plus souvent en face de vous les représentants qui viennent voir vos chefs, mais pas seulement. Les labos savent que 1/ vous n'y connaissez rien en médicament (au sens statistique) 2/ vous êtes dans un comportement d'imitation de vos chefs 3/ vous êtes encore scolaires. En un mot, vous êtes une cible publicitaire idéale. Pour faire passer leur message, ils vont adopter trois angles d'attaque, en dosant plus ou moins leurs effets en fonction de vos réactions.



mercredi 14 mai 2014

chroniques internes

- Go see the man who began it -



Je suis PH. Ça signifie que je me suis tapé trois dans d'externat, quatre d'internat, trois d'assistanat et quelque une de... Tiens il n'y a pas de mots... On va dire de séniorat (Même si selon Wikipédia, ce terme existe et n'a aucun rapport http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9niorat).

Tout ça pour dire que le fonctionnement d'un service, je vois à peu près ce que ça peut donner au quotidien, aussi bien quand tout le monde écoute ce que vous dites, que lorsque qu'on vous explose la porte au nez, sous prétexte qu'on ne vous avait pas vu (alors que je suis relativement massif).

Ce semestre, je n'ai pas d'interne avec moi dans le service pour une bête question d'ARS qui a oublié des postes (c'est ballot). Nos deux candidats ont donc été priés de ne pas faire de periph et de retourner au CHU.

Je fais donc office d'interne, avec cette position particulière de chef / interne.

Si vous pensez que ce billet va vous raconter comment ma vie est affreuse, comment c'est trop dur et comment je pleure tous les soirs en regardant plus belle la vie, raté. Pas plus que je ne vais vous dire que le job est inintéressant, ce n'est pas forcement ma tasse de thé, mais il doit être fait.

En fait, je vais surtout vous faire part de ce que m'ont appris les réactions des patients, familles, soignants, confrères hospitaliers, confrères libéraux, lorsqu'ils ignorent que je suis chef (c'est-à-dire principalement par téléphone, puisque en vrai le doute est assez peu permis).

L'idée n'est pas de faire un exposé sur la socio ethnologie de l'hôpital, mais plutôt de donner deux trois trucs aux futurs internes qui vont réussir l'ECN (rappelez vous, contrairement au loto, tout le monde gagne).

Perso, quand j'étais interne ça m'aurait aidé qu'on me dise ces quelques trucs, après, je ne me fais aucune illusion, 50 % d'entre vous vont trouver ça évident, 50% vont croire croire que je joue au vieux sage et 50% impossibles à mettre en œuvre quand on débute (oui ça fait 150% mais les internes ça n'a pas de limites).

mercredi 7 mai 2014

cas clinique 0521013 - they dig everything



Nouveau cas clinique pour discuter. Toujours le même principe : un dossier fourni en l'état (sauf les images, mais c'est un choix). Comme vous avez toutes les infos, l'idée n'est pas de critiquer à posteriori mais de taper la discut' autour de ce qui a été fait. Comme d'hab vous pouvez répondre dans les commentaires ou sur twitter. 

Mme XX a 68 ans. Elle a comme gros problème dans la vie, d’avoir eu une vie à la Bowie, mais avec un organisme moins résistant : elle à une dyslipidémie cognée, fume toujours un paquet et demi par jour, ne dit pas non à son litre de bière quotidien, et est hypertendue non contrôlée (en fait elle est inobservante).

mercredi 23 avril 2014

parisiens




Il y a quelque temps, je suis allé à une réunion où des médecins parlent à des médecins. Le nom change tout le temps, EPU, FMC, DPC... mais le principe reste le même, on se parle entre nous. Rien que là, je suis certains que ceux qui ont eu le courage de lire ces deux lignes, baillent, en se disant que je vais vous parler de labos /des réunions inintéressantes / des hospitalier qui se prennent pour des dieux /des libéraux qui roulent en Bugatti Veyron, ou du principe de la formation post universitaire.

Et bien raté.

Je vais vous parler du vécu des relations professionnelles, de médecins généralistes, à Paris, ville Lumière, capitale de la France, source de tout bienfait.


vendredi 18 avril 2014

guide de l'examen neuro




Suite à vos premières remarques voici quelques modifications avec un peu plus de définitions dans les tableaux et un lexique des termes neurologiques sur les deux dernières pages.

en voici également une version PDF*
https://drive.google.com/file/d/0B49_alViJazma3VkNk9DMjlLUGc/view?usp=sharing



lundi 14 avril 2014

cas clinique 042014 - un fainéant fou.



Voici le cas clinique d'avril. Je vous rappelle que c'est un cas réel, et que les infos que je vous donne sont celles du dossier médical avec ses incertitudes et ses imprécisions. Il est un peu différent des précédents dans la mesure où je ne vous donne pas le diagnostic à la fin. Il est facile si vous trouvez le diagnostic. Cependant même si vous séchez, les questions 3, 4, 5 et 6 ne devraient pas vous poser de problème.

vendredi 4 avril 2014

comment traiter en première intention le tremblement essentiel





C'est essentiellement compliqué

Maryse et Pierre ayant parmi vous un petit fan club en voie de constitution (j'attends d'ailleurs les t-shirt, les badges, la page officielle sur le net et un article dans Times avec une reprise sur CNN), les revoilà pour nous expliquer les tremblements essentiels.

Maryse, PUPH, MD, PhD, neurologue émérite, et Pierre, NeuroVasculaireMaisYaPasDeSotMetier sont désabusés. Après les restrictions budgétaires dont ils ont été les victimes, voilà que l'APHP leur demande de faire des consultations qui rapportent (comprendre, beaucoup plus, vu que le prix est fixe).

C'est d'autant plus difficile, que dans l'univers toute force rencontre son contraire, et que dans notre exemple, nos deux tout-puissants neurologues, régnant sur un immense cheptel d'externes, internes, assistants, PH, attachés et chercheurs sont confrontés à Jeanine, secrétaire d'accueil, surnommée « Event Horizon » car aucune technologie, ni théorie de physique quantique, n'arrive à comprendre comment elle gère les rendez-vous.

Pierre et Maryse, se retrouvent en rendez-vous avec ce que Jeanine a identifié comme étant de très probable AVC ou Pathologie inflammatoires, j'ai nommé le tremblement essentiel.

Mais chut, les lumières... Restent inchangée, les néons grésilles, et nos deux héros entrent dans leur vaste bur... Placard de consultation.


dimanche 30 mars 2014

L'émotion est dans la dopa





Oui je sais, rien que le titre et ça donne pas envie, il a un pouvoir sédatif supérieur à une chirurgie valvulaire cardiaque quand tu es l'externe qui a juste le droit de rester dans un angle du bloc, sous le regard haineux de l'IBODE. Mais une fois de plus, grâce à Maryse et Pierre, vous allez voir que c'est plutôt intéressant.

Je vous rappelle le principe, Maryse, PUPH, MD, PhD, neurologue émérite, et Pierre, NeuroVasculaireMaisYaPasDeSotMétier vont-nous lire un article pour essayer de nous le faire comprendre.

Aujourd'hui aucun des deux n'est à son avantage, car le model utilisé est chirurgical, et les deux ont un blocage pour communiquer avec des homos habilis (même si Pierre à un certain avantage du fait de sa proximité génétique). L'article du jour est Mood and behavioural effects of subthalamic stimulation in Parkinson's Disease Castriato et al, Lancet Neurol 2014 ; 13 : 287-305

Mais chut, les lumières s'éteignent, les trois coups de bâton retentissent, Maryse entre sur l'estrade dans une tenue blanche rayonnante amidonnée, accompagnée par une escorte sobre de deux externe (les restrictions budgétaires sont de plus en plus violentes) portant trompettes, oriflamme, et pétales de fleurs en plastique (les restrictions budgétaires de l'APHP sont franchement insupportables). Pierre, rentre accompagné simplement par son AVS (aide à la vie scolaire) et son pistolet à eau rempli... d'eau (les restrictions touchent aussi les neurovasculaires).

samedi 29 mars 2014

La voie Motrice

- I don't want no dissension... Just dynamic tension - 


Votre Cerveau fonctionne comme une usine à téléphone !
Votre cerveau ne sert, pour ses 2/3, qu'à une chose, créer du mouvement – pourquoi tant de ressources pour gérer une seule fonction ? Voici quelques réponses :


Avez-vous remarqué que votre cerveau reçoit énormément d'infos mais qu'il n'a qu'une seule voie de sortie (sauf les télépathes) : la voie motrice (VM) ? La VM comprend toutes les étapes qui vont de l'intention de mouvement jusqu'au contrôle de la qualité du geste effectué.

Je vous propose de commencer par le principe d'organisation de cette voie :  le cerveau est tout sauf démocrate : les centres supérieurs commandent les centres inférieurs exécutent servilement. 

vendredi 28 mars 2014

Que dire à un patient avec un anévrisme intra crânien non rompu




Cela fait longtemps qu'on n'avait pas fait de commentaire de biblio avec Maryse, PUPH, MD, PhD, neurologue émérite, et Pierre, NeuroVasculaireMaisYaPasDeSotMétier.

Aujourd'hui, Pierre est à son avantage puisque le sujet est : que sait-on vraiment des anévrysmes intracrâniens non rompus et que par conséquent, c'est du neurovasculaire. Mais chut, les lumières s'éteignent, les trois coups de bâton retentissent, Maryse entre sur l'estrade dans une tenue blanche rayonnante amidonnée, accompagnée par une escorte sobre de dix externe portant trompettes, oriflamme, et pétales de fleurs (les restrictions budgétaires de l'APHP ne permettent plus le déplacement en palanquin porté par les internes). Pierre, rentre accompagné simplement par son AVS (aide à la vie scolaire) et son pistolet à eau rempli de thrombolytique, dés fois qu'une plante fanée ou une mouche ait besoin de soins.


jeudi 20 mars 2014

Comment j'examine le membre supérieur (1) - les atteintes radiculaires




Ce billet est le premier d'une série sur des points précis de l'examen clinique neurologique.

Pour cette fois ci - comment rechercher une atteinte radiculaire lors d'un plainte motrice ou sensitive du membre supérieur. Dans le futurs billets, on verra comment rechercher une atteinte tronculaire.

Vous allez voir c'est beaucoup plus simple que ce que l'on imagine, pour la simple raison que pour une fois la nature est bien faite.

Oubliez l'anatomie des muscles et territoire sensitif que vous n'avez jamais apprise et retenez pour chacune des quatre racine C4 C5 C6 C7, un, et un seul, muscle et un, et un seul, territoire sensitif. Ça devrait vous faciliter les choses.

Petite explication. Les muscles ont rarement une innervation radiculaire unique et c'est pour ça qu'en cours d'anatomie on vous infligeait des "... la flexion de la jambe est assurée par l'action synergique des muscles biceps fémoral, semi tendineux et semi membraneux innervées via le sciatique par les racines L4, L5, S1, S2..." la suite vous ne l'avez jamais su, plongés que vous étiez dans un coma profond.

Mais il existe quelques muscles sympas qui ont le bon goût de n'avoir qu'une seule innervation radiculaire. Ce sont des muscles indicateurs. Cliniquement, un déficit de ces muscles, associé à un déficit sensitif ou une douleur dans le territoire sensitif, sans anomalie par ailleurs, est suffisant pour vous assurer que c'est la racine qui est atteinte et pas le tronc du nerf.

Et à quoi ça sert me demanderez vous ? A ne pas proposer des infiltration des nerfs ou des échographies, radio et je ne sais quels autres examens inutiles, alors que la lésion est para vertébrale ou péri médullaire.

Bref, trêve de bla bla et passons au concret :

C5 : le muscle indicateur est le deltoïde et le territoire sensitif s'étale de la partie postero externe de l'épaule, à la face antérieur du bras.

C6 : le muscle indicateur est le biceps brachial et le et le territoire sensitif s'étale du la partie antérieur du tiers inférieur du bras (en gros le pli du coude) jusqu'au pouce et au bord externe de l'index.

C7 : le muscle indicateur est le triceps brachial et le et le territoire sensitif s'étale sur l'index, le bord interne de l'index et externe de l'annulaire sur la face palmaire, et les même doigt plus une fine bande médiane remontant jusqu'au au coude, sur la face dorsale.

C8 : le muscle indicateur est le l'extenseur de l'auriculaire et le et le territoire sensitif s'étale sur le bord interne de de l'annulaire et tout l'auriculaire, associé à une fine bande qui remonte jusqu'au poignet, en évitant le bord ulnaire de celui ci, sur la face palmaire, et, sur la face dorsale, même le territoire mais avec une bande qui remonte sur le bord ulnaire de l’avant bras jusqu'au tiers inférieur.

pour les paresseux, je vous ai mis un schéma que j'ai simplifié au maximum.

mercredi 19 mars 2014

Le plexus brachial - le truc qui fait peur - surtout à moi.




Le plexus brachial est une des pires horreurs anatomiques que l'on doit étudier en médecine, et que l'on est supposé savoir quand on est neurologue. Malheureusement, ce truc est parfois utile, même chez les non neurologues. Personnellement si je n'ai pas un schéma sous les yeux, je suis incapable d'en faire la description, et encore moins de réfléchir à la topographie lésionnelle.

Cet article, qui va s'étoffer avec le temps, va regrouper de l’anatomie, de la clinique et tout ce qui peut aider à sa compréhension.

Pour la partie anatomique, les schémas sont dessinés comme un plan de lignes de transport en commun. A droite les racines, à gauche les nerfs et entre, la pelote de fibres nerveuses. Chaque lésion possible est illustrée dans un schéma.

Si vous n'êtes pas externe, interne ou neuro, ces schémas vous donneront une petite idée de la complexité du système nerveux périphérique : ces schéma ne décrivent que les principaux nerfs moteurs de votre épaule, il y'en a une foultitude non représentée : en gros, ces schémas sont extrêmement simplifiés...si.

mardi 18 mars 2014

Quelques chiffres sur la maladie d'alzheimer





Les patients et les familles de patients qui ont une maladie d’Alzheimer, (me) demandent souvent si cette maladie atteint un nombre important de personnes et si le risque augmente avec l'âge.

Il arrive également, que dans certaines conversations, j'entende "la maladie d'Alzheimer n'est pas si répandue que ce que vous dites, les patients qui en sont atteints sont âgés, et on donc une espérance de vie plus courte, ce qui fait qu'au total, le nombre totale de patient est faible.

A force de répéter régulièrement les chiffres ci dessous, je me suis dit qu'un tableau ferait tout aussi bien l'affaire. Voici une version avec les chiffres I.N.S.E.E. 2014, vous me direz si ça vous parle.

vendredi 7 mars 2014

Classification des neuropathies péripheriques




En attendant le billet sur les neuropathies périphériques - voilà déjà le schéma pour en discuter. Pour faire genreje sais dessiner des carrés rouges (et bleus aussi) j'ai mis le logo Creative Commons


<a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/"><img alt="Licence Creative Commons" style="border-width:0" src="http://i.creativecommons.org/l/by-nc-sa/4.0/88x31.png" /></a><br /><span xmlns:dct="http://purl.org/dc/terms/" href="http://purl.org/dc/dcmitype/StillImage" property="dct:title" rel="dct:type">classification des neuropathies péripheriques</span> de <span xmlns:cc="http://creativecommons.org/ns#" property="cc:attributionName">QFFWFFQ</span> est mis à disposition selon les termes de la <a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/">licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International</a>.<br />Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à <a xmlns:cc="http://creativecommons.org/ns#" href="http://etunpeudeneurologie.blogspot.fr/" rel="cc:morePermissions">http://etunpeudeneurologie.blogspot.fr/</a>.


mardi 4 mars 2014

cas clinique 032013 (je pense que pour faire joli je devrais rajouter des lettres)



Cas clinique du mois de mars. Le principe est toujours le même, je prends un dossier réel et je vous donne toutes les infos qu'il y a dedans, telles quelles avec les informations manquantes ou erronées. Tout le monde peut participer. Le principe de ces dossiers est qu'il n'y a pas de bonne façon de faire unique et que par conséquent, on peut en discuter.


Mme X est une jeune femme de 24 ans. Elle a un retard mental et une dysmorphie facile dont l'étiologie n'a jamais pu être déterminée. Elle vit avec ses parents, travaille dans une association pour adultes handicapés, a des amis et une vie somme toute normale. Elle a une épilepsie cryptogénique (c'est-à-dire qu'on pense qu'elle est en lien avec son retard mental et sa dysmorphie) mais qui ne pose aucun problème particulier. Elle a un traitement au long cours par DEPAKINE chrono 500 X 2/ jour (dose standard, non substituable, parce que les neuros ont horreur de ça,même si @PotardDechaine vous expliquera que ce n'est pas très rationnel). Comme seul autre traitement, elle a une contraception par IMPLANON, très bien supporté sauf que cela lui provoque une aménorrhée complète, qui ne l'embête pas plus que ça.

lundi 3 mars 2014

La maladie de Parkinson





Toujours dans les pathologies neurologiques que je traite en partie comme des question E.C.N, voici la maladie de Parkinson, et ses clones. Comme pour les sujet précédents, il en existe une version (presque identique) spécialise E.C.N. ici. http://etunpeudeneuropourlinternat.blogspot.fr/2014/02/104-maladie-de-parkinson.html

- Ce qu’il faut en comprendre - 



    Sujet super simple, basique, sans piège, super logique quand on a compris comment ça marche, en gros de la neurologie facile. Mais "facile" étant antinomique avec "neuro" ceux qui ont choisi les items de cette question, ont rajouté des trucs qui n'ont rien à voir, juste pour que le plan soit bordélique. Donc voilà comme il faut lire ce sujet :
    1. Un rappel sur la voie motrice. C'est un rappel pour les fainéants, car de toute façon avec les autres questions de l'E.C.N. vous n'échapperez pas à de la physiopathologie bien plus détaillez ici.
    2. La maladie de Parkinson, sa vie son oeuvre, ses réseaux.
    3. Les autres syndromes Parkinsoniens, touts mélangés dans lequel on essayer de remettre de l'ordre.
    4. Mes previsions méteo pour le Week End


    - pré requis- 

    Pour pouvoir aller plus loin, il y a pas deux de pré requis : 


    jeudi 27 février 2014

    Le goût du risque



    Suite à de nombreuse demandes sur twitter, voici l'histoire sur le gout du risque en version blog.

    Le contexte est simple : la revue Prescrire devrait bientôt publier une réévaluation du bénéfice risque du NATALIZUMAB dans la S.E.P.. C'est un anticorps monoclonal qui peut provoquer des L.E.M.P., forme d’encéphalite grave par infection à virus J.C..

    P.S.1
    L’histoire ci-dessous, n'est pas du tout une pub pour ce traitement (par ailleurs réellement dangereux). Elle ne sert qu'à illustrer la notion de risque subjectif. J'aurais pu choisir une autre molécule, le fond serait resté le même. Seule la conclusion est intéressante.

    P.S.2
    j'ai des conflit d’intérêt avec les laboratoires de médicaments S.E.P. (voir la section ? du blog)
    donc ne retenez pas ce billet comme un conseil pour vos patients de prendre ce traitement.

    mardi 25 février 2014

    Et toi tu fais quoi dans la vie ?


    Comme tout le monde, quand je rencontre quelqu'un pour la première fois dans une soirée, un repas, un bar, une partie de ticket to ride, la discussion tombe à un moment donné sur : "et toi, tu fais quoi ?".

    En fonction de celui qui demande ça donne deux types de situations différentes :

    mercredi 12 février 2014

    L'épilepsie I




    Une des demandes qui revient le plus souvent en ce moment, c'est de publier un topo sur l'épilepsie. Ceux qui ont suivi, ont vu que je me suis entouré de précautions, ce sujet étant particulièrement vaste. Les quatre billets intitulées "a tale of swords and waves" ont servi de mise en bouche.

    Ce nouveau billet est la déclinaison pour le blog, de la question épilepsie publiée sur le site réservé à l'E.C.N. Les deux versions sont presque identiques à l'exception des liens et rappels des objectifs propres à la version E.C.N. que vous pouvez trouver ici (si vous etes externes, c'est la version à lire) :

    Cependant, ces versions vont diverger par la suite. Sur le blog, et pour rester dans les clous, la fin du billet se termine par les recos officielles sur les traitements. Dans la vrai vie, ces recos ne sont pas respectées car elles datent un peu et refusent de trancher entre les molécules. La version blog aura donc une suite de type WOSRF, comme dans la migraine.

    Dernier point, l'épilepsie peut avoir des formes cliniques rares mais "ludiques", notamment les épilepsies musicogéniques, cognitives ou végétatives (Proust et les orgasmes). J'en parlerai dans un billet spécifiques.

    Bonne Lecture

    dimanche 9 février 2014

    La myasthenie,




    Ceci est la suite de mes essais de mise en forme de billets de blog de mes power point sur les sujets de l'ECN. Pour ceux qui ne les passent pas, ça peut faire une bonne révision, la myasthénie étant largement sous diagnostiquée en France, sans oublier que les médicaments contres indiques dans la myasthénie sont supposées êtres connus de tous. A ce propos, vous trouverez dans le billet les liens vers les cartes a remettre aux patients si vous en connaissez.

    Pour ceux qui vont passer les E.C.N., vous en trouverez une version adaptée ici
    http://etunpeudeneuropourlinternat.blogspot.fr/2014/02/96-myasthenie.html



    - Ce qu’il faut en comprendre - 



    • C'est un sujet archi débile dans la mesure où il est linéaire, sans pièges dans sa rédaction
    • Mais la facilité de façade ne doit pas faire oublier que cliniquement, on n'y pense jamais au bon moment les symptômes étant frustes.
    • Ce qu'on attend de vous c'est être capable devant tout fatigabilité, de penser à la myasthénie, de faire l'examen de diagnostic (l'ENMG), les examens étiologies (scanner thoracique et dosage des anticorps), de savoir qu'elle peut évoluer vers le décès si on ne la traite pas, si on rajoute des médicaments qui l'aggravent, ou en cas d'autre pathologie intercurrente. Enfin, il faut savoir quoi faire en urgence quand un patient myasthénique va mal. 

    - pré requis- 

    Pour pouvoir aller plus loin, il y a deux pré requis : 




    vendredi 7 février 2014

    Les déficits neuros moteurs et sensitifs




    Depuis un certain temps, on me demande de faire des billets sur la clinique de base. Le On en question étant soit des spécialistes qui ont oublié la neuro (sachant que ce sont les M.G. qui s'en sortent le mieux puisqu'ils en voient encore tout seuls), soit des externes qui se noient un peu dans leur bouquin. J'ai longtemps hésité, parce que d'une part je ne savais pas par où commencer, et d'autre part, je voyais pas trop quoi écrire à part recopier une bouquin de semio neuro. 

    Voici un essai, les externes reconnaîtrons le plan de la question 90 du programme E.C.N. 2016, que j'ai en partie suivi, d'une part parce qu'il est assez logique, et d'autre part pour leur faciliter la tâche.

    Ceci est un essai, j'attend de voir vos réactions avant éventuellement de continuer.


    Bonne lecture. 

    mardi 4 février 2014

    A tale of Swords and Waves - Epilepto IV




    Epilepsie en terre du Milieu : NEURONIR a vu quelque chose

    Pour les retardataires,

    le
    CHAPITRE I 
    le
    CHAPITRE III
    ici
    http://etunpeudeneurologie.blogspot.com/2014/01/a-tale-of-swords-and-waves-epilepto-iii.html



    CHAPITRE IV

    Dans le chapitre précédent nous avons laissé Barde somnoler. Retournons voir Neuronir en haut de sa tour de guet. La nuit est calme, et comme nous l'avons vu dans le chapitre I, il égrène les "riens" au rythme de huit "riens" à la secondes en modulant sa voix, c'est-à-dire selon un rythme alpha.