jeudi 23 octobre 2014

Les voies auditives II - mère nature n'aime pas les belles-mères


Après l’entracte, nos deux acteurs reviennent sur scène. Si le premier acte s’était focalisé sur les modalités d’identification et d’analyse spatiale des sons par le tronc, le deuxième acte devrait se focaliser sur des structures plus hautes. Ceux qui parmi vous aiment le théâtre classique vont par conséquent être déçus, il n’y a ni unité de lieu, ni unité de temps, mais que voulez-vous, quand mère nature a créé l’anatomie humaine, elle était sous LSD. 

Le brouhaha du public diminue à nouveau, le bronchitique chronique du premier rang,en attente de greffe, semble avoir fini de s’entrainer pour sa prochaine EFR, les lumières se tamisent et le spectacle peut reprendre.

mercredi 22 octobre 2014

Les voies auditives I




Aujourd’hui, Maryse et Pierre vont nous parler du son, de la musique, de cerveau auditif, de choses qui en général dépassent totalement les neurologues, que ce soit ceux de l’école de Maryse, parce que la musique ça donne des maux de tête, ou ceux de l’école de Pierre, parce qu’il n’y a rien à thrombolyser. Pour cette discussion à bâtons rompus (à force de se taper dessus avec), Maryse et Pierre vont partir d’un livre intitulé modestement « Neruoscience », rédigé par Purves and co, publié chez sinauer, et plus particulièrement du chapitre 13, page 313-342, intitulé « The Auditory System ».

Comme d’hab, la lumière baisse doucement, le brouhaha de la salle s’étiole sur une dernière quinte de toux (je pense qu’il existe une loi interdisant la tenue d’un spectacle sans la présence d’un bronchitique chronique dans la salle), le rideau se lève sur une scène dépouillée, un projecteur froid illumine Maryse dans sa tenue blanche excessivement amidonnée tandis qu’une lumière orangée indirecte éclaire Pierre assis en tailleur, un sandwich du relais H pouvant contenir des traces de pain à la main.


dimanche 19 octobre 2014

IRM II - T1 et T2 : des culbutos et de comment montrer à votre chef que lui aussi dit n'importe quoi.

Si vous avez lu le premier chapitre sur l’IRM, vous avez dû être déçu de ne pas voir apparaître les mots résonnance, relaxation et toutes ces choses que de toute façon vous n’avez jamais réellement compris. Rassurez-vous, il n’y a aucune honte, et ce d’autant moins que même ceux qui croient comprendre se trompent ! Je m’explique : lorsque les physiciens décrivent ce qui se passe au niveau des atomes, ils constatent des choses qui sont totalement contre intuitives. Par exemple, le photon, qui nous a été décrit comme une « petite boule de lumière » à l’école, n’a pas de dimension, n’est pas rond, n’est pas lumineux, et, pour être complet, n’est pas réellement « un » au sens où nous l’entendons, parce qu’il peut passer par deux endroits à la fois. Et un photon, est un des trucs les plus simples. Alors un atome, un neutron, un proton ou un électron, n’essayez même pas, ce sont des choses inconcevables autrement que sous forme d’abstractions mathématiques. Et pourtant, dans la vie de tous les jours, on voit la lumière, on touche des choses et on a mal si on touche des fils électriques. Alors comme nous ne sommes pas tous des docteurs en physique, les physiciens, pour tenter de communiquer avec nous, ont simplifié les choses, avec des mots qui parlent à tout le monde. Sauf que les physiciens ne sont pas comme tout le monde, et les mots qu’ils utilisent ne signifient pas la même chose pour eux et pour nous.

Résumons-nous : les physiciens voient des choses inconcevables autrement que sous forme d’équations mathématiques abstraites, ils essaient de nous les décrire avec des mots, et ces mots sont utilisés dans un sens qui est diffèrent du sens usuel. En bref, il n’y a pas de honte à utiliser des images qui n’ont rien avoir avec la réalité, les physiciens font pareil.

Commençons par le plus simple, les fameuses images en T1 et T2






mercredi 15 octobre 2014

IRM I - des bananes et des picards (ou principes fondamentaux de l'IRM)

Nous sommes dans la tête d’un médecin normal. Un peu partout sur le bureau virtuel de sa session mentale s’empilent des dossiers, des sous dossiers, des sous sous dossiers, avec des raccourcis vers des documents, des schémas, des protocoles, des bonnes adresses de confrères, des post-it de toutes les couleurs avec le mot « urgent » écrit en gros, lui-même à moitié caché par un autre encore plus urgent… bref, c’est un chaos total duquel émerge miraculeusement une activité organisée ! C’est la magie des fractales.

Et comme le médecin normal a une pensée qui tourne sous un système d’exploitation ancien, mais robuste, il dispose d’autres bureaux virtuels. Il y a le bureau famille avec en fond d’écran les enfants (ou le chien), le bureau potes avec une photo de dégustation de bières etc… Et puis il y a un autre bureau… loin dans les raccourcis. Il ne porte aucune photo, aucun signe distinctif. Il est gris. Dessus, en plein milieu, plusieurs dossiers, bien alignés, portent des abréviations ésotériques. C’est le bureau virtuel des connaissances traumatisantes. Le médecin normal n’y va jamais, c’est une épreuve trop difficile. Sur la dernière ligne de dossiers, un seul n’a pas de nom. Dedans se terre l’équivalent d’un croc humide et glacial d’Alien dans le cou de la raison, quelque chose de si effrayant, que sa simple lecture peut provoquer un reboot instantané de la session mentale de notre médecin (une crise d’épilepsie pour le dire plus simplement). Cette information infernale, cette horreur sans nom, c’est le mode de fonctionnement des IRM [……………..][bienvenue][veuillez patienter][ouverture de session en cours], me revoilà, désolé, j’avais oublié de me protéger et j’ai planté.

Il est temps d’affronter nos peurs, je vous propose donc de voir ce que l’IRM peut apporter en neuro, et pour cela voir un peu comment ça marche, à l’aide d’explications si simplifiées qu’elles en deviennent fausses, mais comme nous ne sommes pas physiciens, ça n’a aucune importance ; l’important c’est de comprendre ce que vous voyez et lisez quand le radiologique vous parle de T1 T2 diff, flair, T2, écho de gradient, ADC, inversion, récupération, youpala et parmesan.

Dans l’ordre, reprenons un peu le « comment ça marche une IRM » puis les séquences de bases puis pour la forme un peu d’ésotérisme avec des trucs que seuls les radiologues comprennent (et encore…)


lundi 6 octobre 2014

Quand ce n'est pas la faute du coupable





L’histoire ci-dessous s’est passée dans un hôpital ultra périphérique (UP). Si je la raconte c’est qu’ils ont eu le courage d’en faire une réunion de morbi-mortalité (RMM) et d’en discuter. Elle aurait pu se produire chez nous ou dans un très gros CHU, mais là en général tout le monde s’en tape dans la mesure où comme vous le verrez il n’y a ni mort d’homme, ni perte pour l’hôpital (bien au contraire).