mercredi 27 janvier 2016

Syndrome parkinsonien en médecine générale : là où ça se passe !



Voilà un billet sur lequel je bosse depuis longtemps qui est la transcription aussi simple que possible d'un PowerPoint touffu. Je l'utilise dans des EPU destinées aux médecins traitants intitulées : Comment le MG peut faire mieux que le neurologue dans les syndromes Parkinsonien.

Comme ce titre apparaît sur la première diapo (c'est très original), et que juste en dessous il y a mon nom, le réflexe immédiat des gens qui le lisent c'est de se dire : Qffwffq est soit démagogue, soit ironique.

Je vais tenter de vous prouver que ce titre énonce une vérité et qu'à la surprise totale des auteurs du plan parkinson et du plan nation contre les maladies neurodégénératives, c'est bien les médecins traitants qui peuvent apporter le plus d'amélioration fonctionnelles (les seules qui comptent) à ces patients.

mardi 26 janvier 2016

Couple de White



Un peu d'ethnocentrisme médical pour changer. J'ai participé à une réunion d'information sur l'orientation post bac pour des lycéens de terminale. Il y'avait dans les orateurs un couple de médecins qui ont fait une présentation en duo et leur intervention s'est si bien passée qu'elle a duré plus longtemps que prévue, avec des lycéens qui ont posé plein de questions ce qui était assez inattendu. Évidemment j'ai pas pris de notes détaillées et ce que je vais écrire ici c'est ce dont je me souviens à partir de quelques gribouillis. J'ai trouvé les questions et les réponses bien moins convenues que d'habitude puisqu'ils ont abordé l'impact de leur vie professionnelle sur leur vie familiale, les différences d'approche entre une hospitalière et un libéral et pas mal de choses sur les clichés que chacun a de l'autre.

Pour info, ils ont tous les deux environ 35 ans, elle est cardiologue dans un gros CH (pas le mien) et lui est MG dans une ville de 11000 habitants à environ 30 km du même CH, avec une population semi-rurale vieillissante et une population qui bosse dans la grande ville qui va en s'accroissant.

Pour simplifier la suite, les questions des lycéens seront prénommées L, ses réponses à elle E et I ses à réponse à lui. Comme je peux pas m'empêcher de la ramener, entre crochets vous lirez mes remarques. Les premières questions sont assez formelles, c'est plutôt vers la fin que ça devient intéressant.

mercredi 13 janvier 2016

hypertension intracranienne (HTIC)




Je ne sais jamais comment introduire mes sujets sans utiliser les automatismes des articles universitaires. Alors cette fois-ci je tente d'utiliser une domaine où je suis plus à l'aise, la littérature de science-fiction et fantasy. Si vous aimez ce genre, peut-être connaissez-vous ce livre en un seul tome : l'avaleur de mondes de Walter Jon Williams. La traduction du titre en français est minable car elle déforme totalement le lien entre le titre original et la trame de l'histoire. En anglais, le livre est intitulé Implied Space (espace induit). Ce terme décrit un espace qui n'existe que comme conséquence de plusieurs autres (et là tout de suite c'est plus clair). Pour illustrer mon propos, prenez un architecte qui, comme sur la photo ci-dessous, place une coupole sur des arches. Les arches sont superbes, la coupole magnifique, mais la surface qui relie les premières à la seconde vient là comme une nécessité dont on sent bien que l'architecte ne sait pas trop quoi faire (en général il laisse les décorateurs barbouiller la zone avec de la peinture).



Si l'architecture vous laisse de marbre, prenez un exemple anatomique comme la tabatière… anatomique. Elle n'existe pas en tant que telle, mais est la conséquence de l'absence de matière entre les tendons du court extenseur du pouce et du long abducteur du pouce. Idem pour le creux poplité (le premier qui parle de fosse poplitée va voir ailleurs si j'y suis).

Quelle rapport avec les hypertensions intracrânienne me demanderez-vous ? C'est simple : dans l'imaginaire médical collectif les ventricules cérébraux sont des Implied Spaces (pour la traduction en français j'ai du mal à trouver le bon adjectif). C'est étonnant, parce que si la vessie, la vésicule, le pharynx, l'estomac et même le conduit auditif sont considérés comme des vides à part entière, dans tous les bouquins d'anat, les ventricules ne sont que du vide vide entre les replis du cerveau. Dans le meilleur des cas, c’est-à-dire dans les sections de neuro-anatomie, on explique vaguement que le LCR qui semble passer par là par hasard faute de mieux, est secrété et réabsorbé localement sans que l'on ne comprenne très bien pourquoi. Bref, les ventricules semblent être un effet secondaire, presque indésirable, de l'anatomie du cerveau, et tout le monde s'en tape à part quand une section se bouche et donne des signes d'hypertension intracrânienne.