jeudi 14 juillet 2016

Guide de survie des traitements SEP 2016





Bon, je vois passer plein de tweets ou de demandes sur le blog pour savoir quoi dire en MG aux patients qui ont une SEP et à qui leur neuro propose des traitements de plus en plus nombreux et confidentiels dont il est impossible de se faire une idée en lisant le Vidal (ou LRP :D).

Alors voilà un mini guide de survie de ce qui se fait en pratique, sans rentrer dans certains débats byzantins sur les efficacités comparées ou les scores. C'est parce qu'il est inutile de le préciser que je le fais quand même : ce qui suit fait volontairement l'impasse sure des données essentielles présentent dans les RCP, il est donc inutile de s'en servir pour apprécier un cas particulier. 


Un merci particulier à @lenatrad qui s'est donnée la peine de convertir la série de tweets dont est issus ce texte...en texte. Sans elle il n'y aurait que l'image.

mardi 5 juillet 2016

le système hospitalier pour les gens pressés


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S'il y a bien un sujet qui revient souvent sur la table (celle du dimanche en famille, ou du resto, ou chez soi par terre en train de jouer tranquillement), c'est la fameux : "oui mais vous à l'hôpital vous faites n'importe quoi avec les sous de nos impôts". Et à partir de ce thème vous avez des variations infinies sur la façon dont on devrait organiser le système de soin hospitalier, le "on" étant le médecin hospitalier que je suis. Et pour que je comprenne bien, j'ai droit à des exemples typiques comme :

- à l'hôpital machin on a des super chambres et les lits permettent de se mettre dans des positions que la morale réprouve, alors que dans l'hôpital truc, c'est tout nul, et tout ça pour le même prix.

- pourquoi vous faites pas comme à la clinique d'en face où on peut payer plus pour des services en plus. Eux ils ont tout compris.

- ou encore : "j'ai lu dans le journal que le directeur de l'hôpital s'est endetté en banque, quel gros blaireau, c'est depuis quand que les administrations vont chez le banquier".

Pendant des années j'ai expliqué (non en fait là je dis n'importe quoi, parce qu'en général je refuse d'aborder ce sujet), pendant des années donc, j'aurais pu essayer d'expliquer la complexité inouïe du machin. Mais c'est inutile parce que d'une part s'il existe des professeurs universitaires non médecins experts en systèmes de soins, c'est bien que les systèmes en question sont une source d'étude en eux-mêmes, et que d'autre part, les gens ne voient les choses qu'à travers leur problème personnel d'ordonnance à renouveler à 3 heures du matin ou de télé dans un chambre où on n'a pas le foot (ces deux exemples étant non seulement réels mais récents).

Mais comme ce sujet semble devenir un source d'intérêt de plus en plus fréquente dans mon entourage et chez les patients depuis quelques mois, je vais essayer de donner quelques explications avec comme défi de na pas parler de droit de la santé, d'organisations, d'ARS, où d'autres notions exotiques pour les non médecins. Avec un défi comme ça, il reste l'analogie avec quelque chose d'assez proche et qui parle à tout le monde. Point important, si vous êtes du genre à connaître l'intitulé exact du décret sur les GHT, passez votre chemin, le niveau de simplification de ce billet risque de vous provoquer un arrêt cardiaque.