mardi 28 mars 2017

Ciguatera




Si vous n'habitez pas en zone côtière intertropicale, la probabilité que vous connaissiez ce terme est faible. Et sans le développement des restaurants proposant des sushis ou des poissons tropicaux, l'utilité de cet article pour quelqu'un vivant par exemple dans la Beauce eut été faible. En même temps, vu la concentration de restaurants spécialisés dans les sushis et les poissons tropicaux dans la Beauce étant faible, il n'est pas certain que même aujourd'hui cet article ait une quelconque utilité. Mais pour tous les autres, ça sera peut-être une découverte utile. 


samedi 11 mars 2017

Les traitements des céphalées primaires



Le mal de tête étant un phénomène douloureux, surtout quand on lit, on va faire sobre en écrivant à voix basse et avec un ton calme, presque monocorde. Ce billet va tenter de faire le point sur l'ensemble des traitements qu'il est possible de proposer dans les céphalées primaires, avec pour chacun d'eux, selon les documents disponibles, les avantages, inconvénients, les recommandations françaises ou internationales et les AMM.  

Le plus compliqué dans ce qui va suivre ne va pas être la lecture des infos sur les traitements. Ça ça sera laborieux, monotone, débordant de vie comme un lichen sur Mars, mais pas compliqué. La partie compliquée sera celle sur la classification des céphalées primaires.  Vous le savez peut-être déjà (sinon toutes mes condoléances pour vos neurones de la joie de vivre) les céphalées primaires sont fractalement sous divisées en entités aux noms à l'exotisme croissant au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans détails.

Malgré des efforts constants de gens bien plus pédagogues que moi, personne n'a jamais réussi à synthétiser ces classifications autrement que sous la forme de tableaux massifs et denses. Je ne suis pas fan des classifications, mais dans ce cas précis, il va être difficile de s'en passer. 

vendredi 3 mars 2017

Biais cognitifs - 1





La branche de la neurologie qui s'occupe du fonctionnement normal des neurones n'existe pas. Dit comme ça, ça peut paraître étonnant, mais c'est vrai. Vous voyez un neurologue quand vous avez un problème moteur, sensitif, ou cognitif, mais jamais quand tout va bien, juste pour comprendre comment le cerveau fonctionne. Et si vous aviez malgré tout cette idée, la plupart des neurologues vous souriraient gentiment tout en cherchant désespérément le moyen de vous faire voir ailleurs s’ils n'y sont pas. C'est pour ça que lorsque je reçois des demandes de collégiens ou lycéens dont le prof sadique a insisté pour qu'ils voient un neurologue afin de comprendre "les émotions", "le jugement, ou "le mode de fonctionnement de la pensée des homme politiques (ceci est une demande réelle !)", j'invoque mon immunité :"j'ai aquaStaff" pour ne pas les rencontrer. Pour le dire autrement, tout neurologue que je suis, je n'ai pas la moindre idée du fonctionnement exact de la pensée dite normale. 


dimanche 12 février 2017

Agnosie sociale

ce texte est la version blog d'une série de tweets publiés le 01/02/2017. Comme souvent avec tweeter, les notions de neurologie décrites ici sont simplifiées à l’extrême et ne sont pas sourcées. Si vous cherchez un texte scientifique avec la biblio, ceci ne répondra pas à vos attentes.


Si vous voulez faire les malins en société avec l'actualité, et notamment les notions de perception de justice, injustice, privilège ou dû, voici quelques notions de bases (rassurez-vous, je ne vais pas vous infliger de notions de neuro extrêmes). Afin que vous ne soyez pas déçus, je ne vais pas vous dire non plus qu'il existe des valeurs morales que la neurologie saurait expliquer. Le neurologie c'est des neurones, pas de la philo.

lundi 6 février 2017

Céphalées de novo




Alors histoire de vous rassurer, si on parle de céphalée de novo et pas de céphalée depuis un jour, un mois, un an, c'est parce que l'expérience (argument d'autorité dont il faudra vous contenter) montre que ce qui compte ce n'est pas l'ancienneté réelle, mais le seuil au-delà duquel le patient s'inquiété. Pour le reformule : une céphalée est inhabituelle si le patient le dit. 

Bon, une fois qu'on est d'accord avec ce principe, on va décomposer ça en deux gros morceaux : les céphalées où on s'inquiète tout de suite, et celles où on attend de voir ce qui va se passer. Les premières sont logiquement appelées céphalées secondaires, et les secondes primaires (la neurologie c'est toujours logique ne l'oublions jamais).


mercredi 18 janvier 2017

Intolérance à l'effort



Sous ses airs lisses, son sourire à peine esquissé et ses propos ternes, Jean Raoul a une imagination riche, quoique confuse. Là par exemple il se rêve en Légionnaire romain dans le froid et la neige Calédonienne ou en Stormtrooper envahissant Hoth. Cette image de Stormtrooper légionnaire antique lui vient spontanément à l'esprit à chacun de ses voyages. Il s'est ainsi déjà imaginé être dans les marécages rhénans comme sur Dagobah, ou encore dans le désert de l’Atlas comme sur Jakku. Le point commun à ces rêvasseries est la confrontation d'un homme armé de sa seule endurance physiologique, ou au contraire avec l'aide d'un exosquelette, à un milieu naturel hostile. Si les pensées de Jean Raoul vous semblent étranges, c'est qu'il vous manque une partie de l'histoire. Depuis tout petit, Jean Raoul est mauvais en sport. Si vous l'interrogez il le revendique en vous disant qu’il n’aime pas la compétition et que ses profs étaient nuls, mais lui, les rares fois où il y pense, il sait que c'est faux. Il n’a rien contre le sport, il aime voyager et aimerait pouvoir randonner, il aimerait aussi faire partie d'un club sportif car c'est un garçon social, mais malgré tous ses efforts, il n'est pas fait pour ça. Depuis les cours de gym de l'école jusqu'à maintenant, et malgré plusieurs tentatives, il n'a jamais réussi à passer au-delà de la fatigabilité qu'on ressent lorsqu'on on commence à s'entraîner. Que l'effort soit brusque comme lors d'un sprint ou lors d'une partie de badminton, ou plus doux comme à vélo ou en randonnée, il a vite des crampes et ne trouve jamais le fameux second souffle. Cette inaptitude lui pèse d'autant plus que l'image de type qui ne veut jamais rien faire lui colle à la peau. Alors pour compenser, il rêve.

Et puis un jour, en perdant (comme vous en ce moment) son temps sur internet, il tombe par hasard sur un article intitulé : Intolérance à l'effort ? Et si vous étiez malade ! Un peu surpris, notre héros s'interroge : se pourrait-il que son inaptitude ne soit pas le fruit du hasard ? Alors il décide de consulter et… le voilà devant vous !

mardi 3 janvier 2017

Pourquoi vos repas de famille sont pénibles.

Ce texte est la version tout-en-un d'un flood sur twitter publié le 23/12/2016





C'est le 23 décembre et certains d'entre vous, derrière le joie qui les submerge, ont dans leur champs de conscience un petit clignotant rouge qui pulse de façon insistante bien que muette. Une sensation de danger mal cerné dont vous percevez l'imminence...quelque chose de flou et de très présent. Quelque chose comme ça mais sans la bave.


Ce quelque chose c'est la certitude de passer une partie de ces soirées de fêtes avec votre tonton/tata/cousin/bellemummy/etc... Qui a des idées sur tout, sauf que c'est pas les vôtres, et que votre bonne éducation vous empêche de gifler avec mépris.

Alors pour vous faire patienter, voila quelques éléments de neurologie (à vous repasser dans la tête pendant que vous jouez avec la purée). Ça vous aidera à comprendre (sous toute réserve d'absence de cas particulier) d'où viennent de les propos de votre, hélas, proche.


la neurologie de l'opinion

Ce billet est la version tout-en-un d'un flood publié sur twitter publié le 11/12/2016



Tiens, puisque plein de gens ont pleins d'opinions sur le pourquoi du comment de ce qui se passe dans le monde, voila deux, trois, trucs de neurologie. Ou plutôt des faits et des biais, avec une grosse astérisque : je ne vais pas vous donner de références, on n'est pas dans un article scientifique. Mais les éléments cités peuvent se retrouver facilement sur pubmed.


un peu de dégénérescence

cet article est la version tout-en-un d'un flood publié sur Twitter le 21/12/2016




Un peu de science fondamentale ? Allez, dites oui ! J'ai un trou dans mon planning d'EEG. Non ? Tant pis, j'en cause quand même. N'ayez pas peur, ça commence par des notions un poil obscures mais ça devrait vous paraître clair vers le milieu du texte même si vous ne comprenez rien à la neurologie.

Quand on tente d'expliquer les maladies neuro-dégénératives au sens large aux non neurologues (et même à eux en fait), une des remarques qui revient le plus souvent est : "...comment peut-on retrouver la même lésion cellulaire dans des maladies qui n'ont cliniquement pas beaucoup de points communs ? Et comment une paralysie supra nucléaire progressive (PSP), qui donne un syndrome extra-pyramidal, des atteintes du tronc cérébrale et une dysautonomie (sans parler des troubles cognitifs), peut-elle avoir des lésions plus proches de la maladie d'Alzheimer que de la maladie de Parkinson, alors qu'il y'a très peu de troubles mnésiques au début de la PSP et que le syndrome parkinsonien est au premier plan ?"
L'autre question qui revient souvent est : "Commet se fait-il que tous les neurones présentent à un moment donné des signes de dégénérescence alors que cliniquement seules quelques fonctions semblent atteintes (exemple typique de la maladie d’Alzheimer) ?"
Et avec nos collègues gériatres s'ajoute une troisième question :"pourquoi la plupart des neurologues se moquent des anticholinestérasiques dans la maladie d'Alzheimer tout en continuant d'en prescrire dans la maladie de Parkinson ?"